PONK

VIDÉO (17′), 2023

PONK est un projet en deux parties : une création sonore réalisée à partir d’un travail d’écriture et une vidéo qui met en scène les interactions brutes d’anciens marginaux dans un hangar industriel. La mise en scène, portée par 7 danseurs amateurs, est conçue à partir de l’écoute de la création sonore et d’un travail de recherche chorégraphique. L’écriture inspire une traduction gestuelle intuitive renforcée par une improvisation guidée.
Training et recherche chorégraphique : Fernando Cabral & Elsa Ferry
Improvisations : Sylvaine de la Sablière, Sébastien Cottart, Aude Carré, Mathias Pavade, Lionel Parrini, JEHH, Patricia Pontoir
Réalisation image : Jean-Marc Besenval
Montage : Elsa Ferry & Jean-Marc Besenval
Etalonnage : Philippe Wolczek
Avec le soutien de la Région Pays de la Loire (Aide au projet de création arts visuels) / Lolab / Les Ateliers Magellan / Bonus / l’Ecole des Beaux-arts de Nantes

CRÉATION SONORE (13’08), 2023
Trois interprètes s’emparent du texte « Ponk » et l’incarnent avec leurs voix singulières.
Voix : Nadia Cucinelli, Antoine Mathieu, Wilfried Nail
Montage son : Igor Porte

ÉDITION, 2025
« PONK » est publié aux éditions Solarium dans l’ouvrage collectif « Sortir des monologues » (Elsa Ferry, Jane-Gail Lopez, Wilfried Nail, Benoît Travers), 2025

EXTRAIT

Tu t’éveilles en sueur, six heures, tu descends jusqu’au ruisseau qui rejoint la grotte en contrebas, là où les promeneurs viennent se reposer des agressions d’un entourage mal choisi. Le gardien du square commence à sept heures. Il faut planquer les cartons, faire le sac et attendre midi pour un repas chaud place des fêtes. Tu devras éviter le regard des pochards en ruines qui s’arrachent les cordes vocales à tour de rôle et debout, concentrés, avalent leur hachis parmentier puis s’enfuient arroser leurs tripes de schnick sous les ponts. Ce soir, tu en seras, tu seras des leurs et si ça dégénère avant minuit, tu retourneras au square des Batignolles. Il y en aura d’autres, ou les mêmes même, et leurs yeux tuméfiés projetteront des rayons d’aversion lumineuse. Tu braqueras ton taser vers eux et des fragments d’étincelles embraseront l’obscurité. Puis tu scotcheras tes affaires autour de ton buste, chaussures comprises, et tu t’endormiras en chien, de fusil.

Tu rêveras d’une forêt dense. Et de créatures aux yeux perçants qui viendront t’observer de près, la nuit, quand les braises de ton feu seront recouvertes de terre et que tu te seras recroquevillée pour maintenir la température. Toi, au chaud, tes biens abrités contre ton cœur. Tu les connais, tu connais leur curiosité, leur faim et leur cruauté, mais elles ne t’attaqueront pas tu sais, elles savent que tu possèdes une arme étincelante qui s’érige et lance des flammes électriques dans un rayon de deux mètres.

Tu es au square avec tes sacs, un manteau large grenat, une grande allure de clocharde.

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